La RSE selon Sogeti

La Responsabilité sociale des entreprises (RSE) fait de plus en plus parler d’elle, avec une difficulté : cerner les contours de la notion. Entretien avec Géraldine Plénier, responsable développement RH et RSE chez Sogeti, qui revient sur sa conception du procédé.

On parle beaucoup de la RSE. Mais le concept même semble encore flou pour de nombreux acteurs. Quelle signification lui donneriez vous ?

Il s’agit de la responsabilité sociale de l’entreprise. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, l’entreprise doit être soucieuse, certes, de son développement et de sa rentabilité, mais également de l’impact de son activité d’un point de vue social, sociétal et environnemental.

Comment cela se traduit chez Sogeti ?

Nous avons d’abord identifié nos enjeux stratégiques et les parties-prenantes (associations, organisations non gouvernementales etc.). Nous avons ensuite tenté de mettre en place des actions qui concilient à la fois nos attentes, notamment d’un point de vue RH, et celles de ces parties prenantes.
Concrètement, notre dernière actualité en la matière est la signature d’une convention avec l’école de la deuxième chance à Saint-Denis, le 20 juin 2008. Cela fait suite à deux années de soutien à cette école, à travers différentes actions : le recrutement, l’intégration de stagiaires au sein de l’entreprise, le soutien financier, notamment par le biais de la taxe d’apprentissage, ou encore l’intervention de collaborateurs de Sogeti dans le cadre de sessions d’information et de formation. Nous avons ainsi recruté un collaborateur issu de cette institution. Il a d’abord intégré Sogeti comme support technique pendant un an, avant de manager une équipe de cinq personnes.

Une personne sur plus de 2 000 recrutements par an, ce n’est pas forcément significatif…

Il s’agit d’un simple exemple. Nos premières actions remontent à 2006, avec la signature de la Charte de la diversité. Et, depuis, nous avons participé à l’opération Universyntec en 2007 et 2008 (destinée à promouvoir l’égalité des chances et la diversité dans l’enseignement supérieur, ndlr), ainsi qu’à l’opération “Nos quartiers ont des talents” ou encore, dernièrement, au forum organisé par L’Oréal en 2008 pour le recrutement des seniors…
Ainsi, nous avons recruté un jeune au service communication par le biais de “Nos quartiers ont des talents”, un autre a rejoint le service RH pour développer les partenariats avec les universités etc.

Au cours de l’Université d’été des recruteurs, à laquelle vous avez participé, Claude Monnier, DRH de Monster, qualifiait les démarches RSE de démarches marketing, ne rentrant pas dans le champ des RH. Quel est votre point de vue en la matière ?

Pour nous il s’agit d’une problématique RH ! Nous avons des enjeux RH importants qui font écho à cette RSE, à l’image de la diversité. Il s’agit ainsi d’un enjeu lié au recrutement. Et c’est aussi à partir de là que nous avons défini nos engagements.
Mais, il est normal que l’approche de la RSE et de la diversité ne soit pas perçue de la même façon par toutes les entreprises. Certaines n’auront peut-être, effectivement, qu’une volonté de communication à l’égard de leurs clients. Mais pour nous, il s’agit d’abord d’un enjeu RH.

A l’image du dernier testing réalisé par le groupe Casino (entre 2007 et 2008 et révélant un certain déséquilibre en faveur des profils dits “majoritaires”), malgré tous les efforts et la bonne volonté affichés, on note parfois un certain décalage entre les discours volontaristes et les faits. Comment l’expliquez-vous ?

Je ne peux pas m’avancer et avoir le même type de constat pour Sogeti. Mais il est vrai que l’un de nos objectifs est de pouvoir mieux mesurer et identifier les impacts de nos actions. Il s’agit de l’une des difficultés que rencontrent les entreprises aujourd’hui. En ce sens, nous ne pouvons pas faire de mesures autour de l’intégration des “minorités visibles”. Les seules mesures sur l’emploi que nous pouvons mener, d’un point de vue quantitatif, concernent les femmes et les personnes handicapées.

Justement, quels sont vos objectifs pour pallier ce problème ?

Notre objectif pour 2009 est de mettre des indicateurs en interne. Nous allons essayer de mener des études qualitatives. Par exemple, mesurer le nombre de formations en interne, le nombre de sessions de recrutement, de salons auxquels nous participons etc. Il s’agit de données que nous sommes capables d’identifier aujourd’hui.
Par ailleurs, nous souhaitons poursuivre nos actions avec les associations présentes sur le terrain, comme “Nos quartiers ont des talents” ou “IMS entreprendre”. Et, en interne, nous souhaitons poursuivre nos engagements en termes de formation et de sensibilisation.
Enfin, nous souhaitons également permettre à nos collaborateurs de partir avec la société de Jacques Attali, PlaNet Finance (organisation de solidarité internationale spécialisée en microfinance, ndlr), pour faire du mécénat de compétences.

Propos recueillis par Brice Ancelin

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McDonald’s France engage sa RSE

Fin mai 2008, l’enseigne de restauration rapide annonçait l’ouverture d’un nouveau restaurant dans le 15ème arrondissement de Paris, réunissant l’ensemble des initiatives et innovations dédiées à l’environnement et développées par le groupe. Entretien avec Hubert Mongon, vice-président ressources humaines McDonald’s France, et Delphine Smagghe, directrice environnement et développement durable McDonald’s France. Ils reviennent sur la politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) chez Mc Donald’s.

La RSE : phénomène de mode ou véritable engagement ?

Hubert Mongon : Nous essayons d’être présents sur tous les grands enjeux de ce pays, que ce soit sur la qualité, la nutrition et, aujourd’hui, la responsabilité sociale et environnementale. Tous ces enjeux sont au cœur de la société française. Nous essayons à notre niveau d’y contribuer.

Delphine Smagghe : Suivre un effet de mode consisterait à communiquer sans mener une démarche concrète et quotidienne. Or, nous nous engageons, par exemple, à réduire de 8 % nos émissions de gaz à effet de serre avant 2010. Nos actions portent encore, sur le développement d’équipements comme des pompes à chaleur, des ampoules basse consommation, des urinoirs sans eau qui permettent d’économiser jusqu’à 200 000 litres d’eau par an, un dispositif de valorisation des huiles de friture usagées en biodiesel … Et, dernièrement, nous venons de décider la mise en place d’un expert environnement dans chaque restaurant, avec une formation spécifique à l’environnement.

Quel va être le rôle de ce référent environnement et comment cette action s’inscrit-elle dans une politique RH plus globale ?

DS : Il devra veiller à la bonne application des recommandations environnementales. Il va ainsi conseiller les équipes du restaurant sur les bonnes pratiques et animer le logiciel « Eco progress ». Il s’agit d’un logiciel conçu par nos soins il y a quelques mois et accessible dans tous nos restaurants. Il permet à chaque établissement de s’évaluer en suivant des critères environnementaux. Par exemple, il est possible de suivre sa consommation énergétique, de se comparer aux autres restaurants et à une courbe de consommation dite « idéale ». Basé sur le calcul de nos émissions de gaz à effet de serre, mené avec le concours de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ndlr), ce logiciel permet le suivi de plusieurs indicateurs en place comme les consommations d’électricité, le gaz, la consommation de serviettes, les produits d’entretien etc.

HM : D’un point de vue RH, lorsque l’on regarde le fonctionnement des équipes, celles-ci sont en permanence informées et sensibilisées sur de nombreux enjeux sociétaux : qualité, nutrition, social… Cela fait partie de notre politique de gestion RH.
Pour l’encadrement, en plus de l’aspect organisation, marketing ou encore commerce, une partie de l’intérêt de leur métier est de pouvoir porter toutes ces thématiques auprès des équipes.
Par ailleurs, le fait de travailler sur l’environnement est fédérateur en interne, car ces réalisations se font avec l’aide des équipiers, des managers et des franchisés. Après deux mois d’expérience, nous avons plus de volontaires que nécessaire pour les postes de référents environnementaux. Nous avons déjà 450 restaurants, sur un peu plus de 1 000, qui en ont un. Il y a un attachement naturel des salariés pour ce type d’enjeu. Et, sur le plan des compétences acquises en entreprise, c’est également important pour eux de rajouter ainsi une corde à leur arc.

Justement, la RSE consiste également à développer une démarche responsable à destination de ses salariés. Dans un contexte de flexsécurité, la formation représente sans doute le premier outil en la matière. Qu’en est-il chez MacDonald’s ?

HM : Pour caractériser notre engagement, nous pouvons nous baser sur des éléments très factuels : chaque année, 4500 stagiaires suivent 112 000 heures de formation dans notre centre de formation interne basé à Guyancourt dans les Yvelines. Leurs profils vont des apprentis managers aux directeurs et directrices de magasins.
Nous mettons l’accent sur la gestion des parcours. Un salarié qui travaille, qui est compétent et motivé se verra proposer un parcours de formation interne très élaboré. Chacun a une chance d’évoluer et d’être accompagné. Maintenant, il s’agit également d’être honnête et réaliste. Cela ne concerne pas tout le monde. Il faut des compétences, des capacités, une véritable volonté…
Mais lorsque nous communiquons en télévision pour dire que 70 % de nos salariés sont « bien chez nous », ce qui revient en premier lieu, est la qualité de nos parcours de formation.

MacDonald’s emploie, en moyenne, 50 % d’étudiants. Comment se caractérise la RSE à leur égard ?

HM : Nous représentons un véritable tremplin pour de nombreux jeunes, en particulier chez les étudiants. Pour eux, il s’agit souvent d’un premier contact avec l’entreprise. Nous avons, avant tout, la responsabilité qu’ils réussissent leurs études. C’est une priorité. Notre volonté est qu’ils puissent apprendre un métier et évoluer, dans notre entreprise ou ailleurs.
Nous en avons régulièrement la preuve en échangeant avec d’autres DRH : les compétences acquises chez McDonald’s sont très appréciées par de nombreuses entreprises. Ils sont formés au travail en équipe, au respect des règles de production, au management, à la communication, à la relation commerciale, au service client etc. Autant de compétences qui leur serviront par la suite dans le métier qu’ils choisiront.

Propos recueillis par Brice Ancelin

www.mcdonalds.fr

Et l’employeur idéal des jeunes expérimentés est…

Air France s’impose comme l’employeur favori des profils business et ingénieurs à 3 ans d’expérience. Qui d’autre tire son épingle du jeu ? Quelles sont les attentes des jeunes professionnels ? Universum établit le palmarès des marques employeur.

En ces temps de disette, l’attraction et la fidélisation des talents constituent véritablement le nerf de la guerre. Quels leviers employer pour s’assurer une part de cette denrée rare ? Universum, société spécialisée dans la stratégie d’image d’entreprise, a essayé de déterminer les attentes des jeunes expérimentés. S’appuyant sur une enquête menée auprès de 3 443 jeunes issus d’écoles de commerce et d’ingénieurs possédant 3 ans d’expérience professionnelle, le cabinet a également établi le palmarès des 50 entreprises que les jeunes expérimentés préfèrent. Celles qui suscitent le plus d’enthousiasme bénéficient d’une image de marque déjà très forte auprès du grand public. Elles sont majoritairement issues de trois secteurs d’activité : la distribution, les médias et le tourisme.

 

Air France, Google et L’Oréal

S’il est une entreprise plébiscitée dans ce classement, il s’agit bien d’Air France, qui arrive en première position aussi bien chez les diplômés d’école de commerce que chez ceux d’écoles d’ingénieurs. Une performance que la compagnie aérienne est seule à réaliser, puisque les employeurs idéaux des jeunes expérimentés diffèrent ensuite en fonction de leur profil.

 

  Palmarès “Business”  
  Rang Entreprise Score  
  1 Air France 19,61 %  
  2 L’Oréal 17,85 %  
  3 LVMH 15,27 %  
  4 Canal + 10,54 %  
  5 Google 9,72 %  
  6 Danone 8,29 %  
  7 BNP Paribas 8,18 %  
  8 Nestlé 8,02 %  
  9 Club Méditerranée 7,80 %  
  9 TF1 7,80 %  
  11 Groupe Publicis 6,97 %  
  11 Société Générale 6,97 %  
  13 IKEA 6,86 %  
  14 Accor 6,54 %  
  15 Total 6,48 %  
  Source : Universum, The Professionnal Survey – France, 2007  

 

Côté écoles de commerce, L’Oréal occupe la deuxième place juste devant le groupe LVMH. Et côté écoles d”ingénieurs, Google et Total se partagent la deuxième marche du podium. Mais Google est également cinquième du palmarès “business” et L’Oréal septième du classement “ingénieurs” : la marque employeur, relativement homogène d’une population à l’autre, est peut-être aussi fonction de l’image de l’entreprise auprès du grand public… Ce que semblent confirmer les autres groupes mis en valeur par l’enquête d’Universum : Canal +, Areva, Veolia Environnement, EDF ou encore Sanofi-Aventis.

 

  Palmarès “Engineering & Science”  
  Rang Entreprise Score  
  1 Air France 13,13 %  
  2 Google 11,71 %  
  2 Total 11,71 %  
  4 EADS 11,60 %  
  5 Veolia Environnement 11,38 %  
  6 EDF 11,16 %  
  7 L’Oréal 9,08 %  
  8 Sanofi-Aventis 8,32 %  
  9 Microsoft 8,10 %  
  10 SNCF 7,55 %  
  11 Danone 7,44 %  
  12 PSA Peugeot Citroën 7,33 %  
  13 Dassault Aviation 6,46 %  
  14 Areva 6,24 %  
  15 LVMH 5,69 %  
  Source : Universum, The Professionnal Survey – France, 2007  

 

Contrairement aux autres pays européens, les secteurs de l’audit et de l’industrie automobile se placent, en France, assez en retrait. A ce titre, les palmarès allemands et britanniques sont assez éclairants. Outre-Rhin, les jeunes expérimentés “business” préfèrent dans l’ordre BMW Group, Porsche et Lufthansa, quand leurs homologues ingénieurs préfèrent Porsche, BMW Group et Audi. Pour leur part, les jeunes Britanniques “business” préfèrent McKinsey, Google et Goldman Sachs tandis que leurs homologues ingénieurs préfèrent Google, Shell et BBC… juste devant l’institution caritative Cancer Research.

 

Les attentes des jeunes expérimentés : salaire et environnement de travail

Universum a également recueilli les principales attentes des jeunes expérimentés quant à leur employeur. Un premier critère émerge très nettement : la possibilité pour eux de “construire une base financière solide”. Ce sont en effet pas moins de 51 % des jeunes professionnels interrogés qui assurent être prêts à quitter leur employeur actuel dans les six mois pour un salaire supérieur.

 

Mais d’autres facteurs déterminants entrent aussi en ligne de compte. C’est le cas de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, des opportunités de travailler à l’international, mais aussi de la possibilité d’atteindre un niveau de compétences managériale. De plus, un “bon environnement de travail” constitue un important facteur de fidélisation pour 48 % des répondants.

 

A bon entendeur…

Flore Fauconnier, Journal du Net

http://www.journaldunet.com/management/ressources-humaines/actualite/et-l-employeur-ideal-des-jeunes-experimentes-est.shtml