McDonald’s France engage sa RSE

Fin mai 2008, l’enseigne de restauration rapide annonçait l’ouverture d’un nouveau restaurant dans le 15ème arrondissement de Paris, réunissant l’ensemble des initiatives et innovations dédiées à l’environnement et développées par le groupe. Entretien avec Hubert Mongon, vice-président ressources humaines McDonald’s France, et Delphine Smagghe, directrice environnement et développement durable McDonald’s France. Ils reviennent sur la politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) chez Mc Donald’s.

La RSE : phénomène de mode ou véritable engagement ?

Hubert Mongon : Nous essayons d’être présents sur tous les grands enjeux de ce pays, que ce soit sur la qualité, la nutrition et, aujourd’hui, la responsabilité sociale et environnementale. Tous ces enjeux sont au cœur de la société française. Nous essayons à notre niveau d’y contribuer.

Delphine Smagghe : Suivre un effet de mode consisterait à communiquer sans mener une démarche concrète et quotidienne. Or, nous nous engageons, par exemple, à réduire de 8 % nos émissions de gaz à effet de serre avant 2010. Nos actions portent encore, sur le développement d’équipements comme des pompes à chaleur, des ampoules basse consommation, des urinoirs sans eau qui permettent d’économiser jusqu’à 200 000 litres d’eau par an, un dispositif de valorisation des huiles de friture usagées en biodiesel … Et, dernièrement, nous venons de décider la mise en place d’un expert environnement dans chaque restaurant, avec une formation spécifique à l’environnement.

Quel va être le rôle de ce référent environnement et comment cette action s’inscrit-elle dans une politique RH plus globale ?

DS : Il devra veiller à la bonne application des recommandations environnementales. Il va ainsi conseiller les équipes du restaurant sur les bonnes pratiques et animer le logiciel « Eco progress ». Il s’agit d’un logiciel conçu par nos soins il y a quelques mois et accessible dans tous nos restaurants. Il permet à chaque établissement de s’évaluer en suivant des critères environnementaux. Par exemple, il est possible de suivre sa consommation énergétique, de se comparer aux autres restaurants et à une courbe de consommation dite « idéale ». Basé sur le calcul de nos émissions de gaz à effet de serre, mené avec le concours de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ndlr), ce logiciel permet le suivi de plusieurs indicateurs en place comme les consommations d’électricité, le gaz, la consommation de serviettes, les produits d’entretien etc.

HM : D’un point de vue RH, lorsque l’on regarde le fonctionnement des équipes, celles-ci sont en permanence informées et sensibilisées sur de nombreux enjeux sociétaux : qualité, nutrition, social… Cela fait partie de notre politique de gestion RH.
Pour l’encadrement, en plus de l’aspect organisation, marketing ou encore commerce, une partie de l’intérêt de leur métier est de pouvoir porter toutes ces thématiques auprès des équipes.
Par ailleurs, le fait de travailler sur l’environnement est fédérateur en interne, car ces réalisations se font avec l’aide des équipiers, des managers et des franchisés. Après deux mois d’expérience, nous avons plus de volontaires que nécessaire pour les postes de référents environnementaux. Nous avons déjà 450 restaurants, sur un peu plus de 1 000, qui en ont un. Il y a un attachement naturel des salariés pour ce type d’enjeu. Et, sur le plan des compétences acquises en entreprise, c’est également important pour eux de rajouter ainsi une corde à leur arc.

Justement, la RSE consiste également à développer une démarche responsable à destination de ses salariés. Dans un contexte de flexsécurité, la formation représente sans doute le premier outil en la matière. Qu’en est-il chez MacDonald’s ?

HM : Pour caractériser notre engagement, nous pouvons nous baser sur des éléments très factuels : chaque année, 4500 stagiaires suivent 112 000 heures de formation dans notre centre de formation interne basé à Guyancourt dans les Yvelines. Leurs profils vont des apprentis managers aux directeurs et directrices de magasins.
Nous mettons l’accent sur la gestion des parcours. Un salarié qui travaille, qui est compétent et motivé se verra proposer un parcours de formation interne très élaboré. Chacun a une chance d’évoluer et d’être accompagné. Maintenant, il s’agit également d’être honnête et réaliste. Cela ne concerne pas tout le monde. Il faut des compétences, des capacités, une véritable volonté…
Mais lorsque nous communiquons en télévision pour dire que 70 % de nos salariés sont « bien chez nous », ce qui revient en premier lieu, est la qualité de nos parcours de formation.

MacDonald’s emploie, en moyenne, 50 % d’étudiants. Comment se caractérise la RSE à leur égard ?

HM : Nous représentons un véritable tremplin pour de nombreux jeunes, en particulier chez les étudiants. Pour eux, il s’agit souvent d’un premier contact avec l’entreprise. Nous avons, avant tout, la responsabilité qu’ils réussissent leurs études. C’est une priorité. Notre volonté est qu’ils puissent apprendre un métier et évoluer, dans notre entreprise ou ailleurs.
Nous en avons régulièrement la preuve en échangeant avec d’autres DRH : les compétences acquises chez McDonald’s sont très appréciées par de nombreuses entreprises. Ils sont formés au travail en équipe, au respect des règles de production, au management, à la communication, à la relation commerciale, au service client etc. Autant de compétences qui leur serviront par la suite dans le métier qu’ils choisiront.

Propos recueillis par Brice Ancelin

www.mcdonalds.fr

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